Mise à jour : août 2026
En résumé
La succession du conjoint survivant dépend d'abord du régime matrimonial (communauté ou séparation de biens) et de l'existence ou non d'un testament ou d'une donation entre époux.
En l'absence de dispositions particulières, le conjoint survivant hérite d'une part en pleine propriété ou peut opter pour l'usufruit de la totalité des biens lorsque des enfants communs sont présents.
Le droit viager au logement et le droit temporaire d'occupation protègent le conjoint survivant même sans démarche particulière, pendant un an au minimum.
Vendre le bien après un décès suppose de régler la succession chez le notaire (acte de notoriété, attestation immobilière) et d'obtenir l'accord de tous les héritiers si le bien est en indivision.
Le partenaire pacsé et le concubin ne bénéficient d'aucune protection successorale automatique : sans testament ou clause spécifique, ils peuvent se retrouver exclus de la succession.
La fiscalité de la vente varie selon que le conjoint survivant est plein propriétaire, usufruitier ou en indivision avec les enfants héritiers.
Perdre son époux ou son épouse est déjà une épreuve difficile ; devoir ensuite s'interroger sur ses droits sur le logement familial et sur la possibilité de le vendre ajoute une couche de complexité à un moment où l'énergie disponible est limitée. Beaucoup de conjoints survivants se demandent s'ils peuvent rester dans la maison, s'ils en sont réellement propriétaires, et surtout s'ils ont le droit de la vendre seuls ou s'ils doivent obtenir l'accord des enfants du couple ou d'une précédente union.
La réponse dépend de plusieurs paramètres qui s'articulent entre eux : le régime matrimonial choisi au moment du mariage, l'existence d'un testament ou d'une donation entre époux, la présence d'enfants communs ou non, et enfin le statut juridique du couple (mariage, PACS ou concubinage). La succession et le conjoint survivant forment ainsi un couple de notions juridiques qu'il faut comprendre avant d'envisager toute mise en vente.
Cet article fait le point sur les droits du conjoint survivant selon les différentes configurations, sur l'usufruit légal et le droit viager au logement, sur les démarches à accomplir avec un notaire avant de pouvoir vendre, sur la fiscalité applicable, et sur les situations particulières du PACS et du concubinage.
Les droits du conjoint survivant selon le régime matrimonial
Le régime de la communauté
La grande majorité des couples mariés en France relèvent du régime légal, celui de la communauté réduite aux acquêts, à défaut de contrat de mariage contraire. Dans ce cadre, les biens acquis pendant le mariage appartiennent en principe pour moitié à chaque époux, tandis que les biens possédés avant le mariage ou reçus par donation ou héritage restent des biens propres.
Au décès de l'un des époux, la moitié de la communauté qui appartenait au défunt entre dans sa succession, tandis que l'autre moitié reste acquise au conjoint survivant, qui en était déjà propriétaire de son vivant. Concrètement, pour une maison acquise pendant le mariage et estimée à 400 000 €, le conjoint survivant reste d'emblée propriétaire de 200 000 € correspondant à sa part de communauté ; seuls les 200 000 € restants font l'objet d'une transmission successorale, répartie entre le conjoint survivant et les autres héritiers.
Le régime de la séparation de biens
Sous le régime de la séparation de biens, chaque époux reste propriétaire exclusif de ce qu'il a acquis, sauf si le bien a été acheté en indivision au nom des deux. Si la maison familiale a été achetée par les deux époux à parts égales, chacun en possède 50 % en propre ; au décès de l'un, seule la part du défunt entre dans la succession. En revanche, si le logement a été acheté uniquement au nom de l'époux décédé, il constitue en totalité un bien propre qui entre dans la succession, et le conjoint survivant n'en devient propriétaire que par le jeu des règles successorales, en pleine propriété ou en usufruit selon la configuration familiale.
En présence d'un testament ou d'une donation entre époux
Indépendamment du régime matrimonial, les époux peuvent avoir organisé leur succession par testament ou par une donation entre époux (aussi appelée « donation au dernier vivant »). Ce document, rédigé chez le notaire, permet généralement d'augmenter la part revenant au conjoint survivant au-delà du minimum légal, en lui laissant le choix entre plusieurs options patrimoniales (usufruit de tous les biens, quotité disponible en pleine propriété, ou une combinaison des deux).
En l'absence de tout testament ou donation entre époux, ce sont les règles légales de la succession qui s'appliquent par défaut, et c'est précisément ce cas de figure qui détermine le plus souvent l'étendue des droits du conjoint survivant sur le logement familial.
L'usufruit légal et le droit viager au logement
La part successorale légale du conjoint en présence d'enfants
Lorsque le défunt laisse des enfants tous issus du couple, le conjoint survivant dispose, à défaut de disposition contraire, d'un choix légal entre deux options : recueillir l'usufruit de la totalité des biens existants, ou opter pour un quart en pleine propriété. L'usufruit total est souvent privilégié car il permet au conjoint survivant de continuer à occuper le logement et à en percevoir les revenus éventuels, sa vie durant, tandis que les enfants héritent de la nue-propriété.
Lorsque le défunt laisse des enfants issus d'une autre union (par exemple d'un premier mariage), le conjoint survivant n'a plus le choix de l'usufruit total : il recueille obligatoirement un quart des biens en pleine propriété. En l'absence d'enfants mais en présence des parents du défunt, le conjoint survivant recueille une part plus importante, généralement la moitié ou les trois quarts en pleine propriété selon que les deux parents sont encore vivants ou non. En l'absence de tout héritier réservataire, il peut recueillir l'intégralité de la succession.
Le droit viager au logement
Indépendamment de sa part successorale, le conjoint survivant bénéficie d'un droit viager au logement, qui lui permet de continuer à occuper gratuitement le domicile familial jusqu'à son propre décès, dès lors que ce logement était sa résidence principale et qu'il appartenait pour tout ou partie au défunt. Ce droit s'apparente à un usufruit spécifique portant sur le logement et son mobilier, et il doit en principe être expressément demandé dans un délai limité, généralement fixé à un an après le décès.
Ce droit viager n'est pas automatique dans tous les cas : le défunt peut l'avoir écarté par testament de son vivant. En revanche, un droit distinct, le droit temporaire d'occupation du logement pendant l'année qui suit le décès, s'applique lui de plein droit, sans démarche particulière, et ne peut pas être supprimé par testament.
Articulation avec la nue-propriété des enfants
Quand le conjoint survivant opte pour l'usufruit de la totalité des biens, les enfants héritiers deviennent nus-propriétaires. Cette situation de démembrement a des conséquences importantes sur la vente : le nu-propriétaire ne peut pas vendre sa part sans l'accord de l'usufruitier, et inversement. Une vente en pleine propriété nécessite donc l'accord conjoint du conjoint survivant usufruitier et de tous les enfants nus-propriétaires, qui se répartissent ensuite le prix selon des règles de valorisation liées à l'âge de l'usufruitier. Pour approfondir ce mécanisme, il est utile de consulter les explications détaillées sur l'usufruit et la nue-propriété.
Les étapes pour pouvoir vendre le bien après le décès
Le règlement de la succession chez le notaire
La vente d'un bien immobilier faisant partie d'une succession ne peut intervenir qu'après le règlement, au moins partiel, de la succession devant notaire. Ce passage est obligatoire dès lors qu'un bien immobilier est concerné, quel que soit le montant de la succession. Le notaire établit d'abord l'acte de notoriété, qui identifie officiellement les héritiers et détermine leurs droits respectifs en fonction du régime matrimonial, de la présence d'enfants, et de l'existence éventuelle d'un testament.
L'attestation immobilière
Une fois l'acte de notoriété établi, le notaire rédige l'attestation immobilière (ou attestation de propriété), qui constate le transfert de propriété du bien au profit des héritiers et du conjoint survivant. Ce document est ensuite publié au service de la publicité foncière, ce qui met à jour officiellement le titre de propriété. Sans cette attestation, il est impossible de signer un acte de vente valable, car le vendeur ne peut pas justifier de sa qualité de propriétaire.
L'accord de tous les héritiers en cas d'indivision
Lorsque plusieurs héritiers se retrouvent propriétaires du bien en indivision (le conjoint survivant et les enfants, par exemple), la vente du bien en pleine propriété requiert en principe l'accord unanime de tous les indivisaires. Si l'un des héritiers refuse de vendre alors que les autres souhaitent le faire, la situation peut se complexifier sensiblement et nécessiter un recours judiciaire pour forcer la vente. Dans ce cas de figure, la vente d'un bien indivis entre héritiers peut passer par une procédure de licitation, c'est-à-dire une vente aux enchères organisée sous le contrôle du tribunal, qui permet de sortir de l'indivision lorsque le dialogue amiable a échoué.
Dans la pratique, la très grande majorité des successions se règlent à l'amiable, et les héritiers s'accordent sur la vente du bien, sur son prix et sur la répartition du produit de la vente en fonction des droits de chacun (pleine propriété, usufruit ou nue-propriété).
Le rôle du conseiller immobilier dans le processus
Une fois la situation juridique clarifiée avec le notaire, l'étape suivante consiste à évaluer correctement le bien et à organiser sa commercialisation. Faire appel à un conseiller immobilier Capifrance local permet de bénéficier d'un accompagnement humain sur la durée, notamment pour gérer les échanges entre plusieurs héritiers qui n'ont pas toujours les mêmes attentes sur le calendrier ou le prix. Une fois prêt à être commercialisé, le bien rejoint les annonces immobilières Capifrance, avec une visibilité auprès d'acquéreurs en recherche active, notamment pour une maison familiale relevant de la catégorie vendre sa maison.
Exemple chiffré : vente d'une maison après un décès
Prenons le cas d'un couple marié sous le régime légal de la communauté, propriétaire d'une maison estimée à 350 000 €, acquise pendant le mariage. L'époux décède en laissant son épouse et deux enfants communs.
La moitié de la maison, soit 175 000 €, appartenait déjà à l'épouse au titre de sa part de communauté. L'autre moitié, également 175 000 €, entre dans la succession de l'époux décédé. L'épouse opte pour l'usufruit de cette part successorale : elle devient donc usufruitière des 175 000 € de succession (en plus de ses 175 000 € détenus en propre), tandis que les deux enfants deviennent nus-propriétaires de cette même part, à parts égales entre eux.
Si la famille décide de vendre la maison dans son ensemble, disons deux ans plus tard pour un prix de 360 000 €, le produit de la vente se répartit ainsi : l'épouse récupère la valeur correspondant à sa part en pleine propriété (environ 180 000 € au prorata) ainsi que la valeur de son usufruit sur la part successorale, calculée selon un barème fiscal qui tient compte de son âge. Plus l'usufruitier est âgé, plus la valeur de son usufruit diminue et celle de la nue-propriété des enfants augmente proportionnellement. Le solde revient aux deux enfants au titre de leur nue-propriété, ce calcul étant réalisé par le notaire au moment de la signature de l'acte.
La fiscalité de la vente pour le conjoint survivant
Sur le plan fiscal, le conjoint survivant qui vend le logement qui constituait sa résidence principale au moment du décès bénéficie, comme tout vendeur, de l'exonération de plus-value immobilière applicable à la résidence principale, à condition que la vente intervienne dans un délai raisonnable après le déménagement, s'il a quitté le logement, ou qu'il continue à l'occuper jusqu'à la vente.
Si le bien vendu n'était pas la résidence principale (une maison secondaire, un bien locatif détenu par le défunt), la plus-value réalisée est en principe imposable, mais elle se calcule différemment pour chaque héritier selon sa quote-part : le prix d'acquisition retenu pour la part héritée correspond en général à la valeur déclarée lors de la succession, ce qui limite souvent la plus-value taxable si la vente intervient peu de temps après le décès. Un abattement pour durée de détention peut également s'appliquer, calculé depuis la date d'acquisition initiale par le défunt pour la part issue de la communauté, ou depuis la date du décès pour la part reçue en héritage.
Par ailleurs, les droits de succession dus par le conjoint survivant sont à distinguer de la fiscalité de la plus-value : en France, le conjoint survivant est exonéré de droits de succession sur la part qu'il reçoit, quel que soit le montant, contrairement aux enfants qui restent soumis au barème des droits de succession avec un abattement propre à chacun. Cette exonération ne dispense toutefois pas de la fiscalité applicable lors de la revente ultérieure.
Avant d'envisager une mise en vente, il est vivement conseillé de faire réaliser une estimation immobilière gratuite en ligne afin d'avoir une première idée de la valeur du bien, ce qui facilite ensuite les échanges entre héritiers sur le prix de vente envisagé et sur la répartition du produit à venir.
Le cas particulier du PACS et du concubinage
L'absence de protection successorale automatique
Contrairement aux idées reçues, le partenaire pacsé n'a, en l'absence de testament, strictement aucun droit sur la succession de son partenaire décédé. Le PACS organise la vie commune et certains effets patrimoniaux du vivant des partenaires (indivision par défaut sur les biens acquis ensemble, solidarité pour certaines dettes), mais il ne confère aucune qualité d'héritier au décès. Sans testament rédigé en sa faveur, le partenaire survivant peut se retrouver totalement exclu de la succession du logement, même après de nombreuses années de vie commune, au profit des héritiers légaux du défunt (enfants, parents, frères et sœurs).
Le partenaire pacsé bénéficie néanmoins, comme le conjoint marié, du droit temporaire d'occupation gratuite du logement pendant l'année qui suit le décès, à condition que ce logement constituait la résidence commune. En revanche, il ne bénéficie pas du droit viager au logement réservé au seul conjoint survivant marié.
Le concubinage : une protection encore plus limitée
Le concubin, en l'absence de tout contrat ou PACS, se trouve dans une situation encore plus fragile sur le plan successoral. Aucune disposition légale ne lui accorde de droit sur la succession de son compagnon ou de sa compagne décédée, ni même le droit temporaire d'occupation réservé au conjoint et au partenaire pacsé. Seul un testament rédigé du vivant du défunt, ou l'achat du bien en indivision avec une clause de tontine, permet de protéger le concubin survivant.
Les solutions pour se protéger
Pour les couples pacsés ou en concubinage souhaitant se protéger mutuellement, plusieurs outils existent : la rédaction d'un testament en faveur du partenaire ou du concubin (dans la limite de la quotité disponible réservée aux héritiers comme les enfants), l'achat du bien en démembrement croisé, ou l'insertion d'une clause de tontine dans l'acte d'achat, qui permet au survivant de devenir automatiquement seul propriétaire du bien sans passer par la succession. Ces montages doivent être anticipés du vivant des deux personnes, idéalement avec l'aide d'un notaire.
Précautions et pièges à éviter
Un des pièges les plus fréquents consiste à vouloir vendre rapidement le logement sans avoir préalablement réglé la succession chez le notaire : sans acte de notoriété ni attestation immobilière, aucun acte de vente ne peut être valablement signé, ce qui retarde les délais si les démarches n'ont pas été anticipées.
Un autre écueil concerne l'accord des héritiers : même lorsque le conjoint survivant est usufruitier et pense pouvoir décider seul, la vente en pleine propriété reste juridiquement impossible sans l'accord des enfants nus-propriétaires, et inversement. Une communication transparente entre tous les héritiers, si possible accompagnée par le notaire et par un conseiller immobilier, permet d'éviter des blocages qui peuvent parfois durer plusieurs années.
Enfin, dans les situations où la succession comporte un volet international (défunt ou héritier résidant à l'étranger, bien situé dans un autre pays), il est indispensable de se renseigner sur les règles spécifiques applicables : une succession internationale peut faire intervenir des règles de droit différentes de celles présentées ici, avec des délais et des formalités souvent plus longs.
Faites appel à un conseiller immobilier Capifrance
Vendre un bien dans le cadre d'une succession implique de conjuguer des enjeux juridiques, fiscaux et humains à un moment où les héritiers, et en particulier le conjoint survivant, n'ont pas toujours l'énergie ni le temps de tout gérer seuls. Un conseiller immobilier Capifrance local peut accompagner la famille de bout en bout : estimation réaliste du bien selon sa situation juridique (pleine propriété, usufruit, indivision), coordination avec le notaire, gestion des visites, et médiation si des tensions apparaissent entre héritiers sur le prix ou le calendrier de vente. Cette présence rassurante permet de sécuriser chaque étape de la transaction et d'aboutir à une vente dans de bonnes conditions.
Conclusion
Les droits du conjoint survivant sur le logement familial dépendent du régime matrimonial (communauté ou séparation de biens) et de l'existence d'un testament ou d'une donation entre époux.
En présence d'enfants communs, le conjoint survivant peut choisir entre l'usufruit de la totalité des biens ou un quart en pleine propriété ; en présence d'enfants d'une autre union, seul le quart en pleine propriété est possible.
Le droit viager au logement et le droit temporaire d'occupation protègent le conjoint survivant dans le logement familial, sous certaines conditions et délais.
Vendre le bien nécessite le règlement préalable de la succession chez le notaire (acte de notoriété, attestation immobilière) et, en cas d'indivision, l'accord de tous les héritiers.
La fiscalité de la vente varie selon la nature du bien (résidence principale ou non) et la qualité du vendeur (pleine propriété, usufruit, nue-propriété), tandis que le conjoint survivant reste exonéré de droits de succession.
Le partenaire pacsé et le concubin ne bénéficient d'aucune protection successorale automatique et doivent anticiper leur situation par testament ou clauses contractuelles spécifiques.
Face à la complexité de ces règles, se faire accompagner par un notaire pour le volet successoral et par un conseiller immobilier pour le volet transaction reste la meilleure façon d'avancer serein dans ce type de projet, souvent chargé sur le plan émotionnel.
FAQ
Le conjoint survivant peut-il rester dans la maison sans démarche particulière ?
Oui, le droit temporaire d'occupation du logement s'applique automatiquement pendant l'année qui suit le décès, sans démarche, dès lors que ce logement constituait la résidence principale du couple. Pour bénéficier ensuite du droit viager au logement, une demande expresse doit en principe être formulée dans un délai limité.
Le conjoint survivant doit-il obtenir l'accord des enfants pour vendre la maison ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Si le conjoint survivant est usufruitier et les enfants nus-propriétaires, la vente en pleine propriété du bien nécessite l'accord de toutes les parties. Si le bien est détenu en indivision entre le conjoint et les enfants, l'accord unanime des indivisaires est également requis pour vendre.
Que se passe-t-il si un enfant refuse de vendre la maison héritée ?
En l'absence d'accord amiable, il est possible de saisir le tribunal pour demander l'autorisation de vendre le bien malgré le refus d'un indivisaire, notamment par une procédure de licitation, c'est-à-dire une vente aux enchères judiciaire. Cette voie reste une solution de dernier recours, à privilégier après épuisement du dialogue familial.
Le partenaire pacsé hérite-t-il automatiquement de la maison ?
Non. Sans testament rédigé en sa faveur, le partenaire pacsé n'a aucun droit sur la succession de son partenaire décédé, y compris sur le logement commun. Seul un testament, ou un montage patrimonial anticipé (indivision avec clause de tontine, par exemple), permet de le protéger.
Comment se calcule la part du conjoint survivant en présence d'enfants communs ?
Le conjoint survivant peut choisir entre l'usufruit de la totalité de la succession ou un quart de celle-ci en pleine propriété. Ce choix dépend souvent de l'âge du conjoint, de sa situation financière propre et de la nature des biens en jeu ; il est recommandé d'en discuter avec le notaire chargé de la succession pour identifier l'option la plus adaptée à la situation familiale.
Faut-il attendre la fin du règlement de la succession pour mettre le bien en vente ?
Il est possible de commencer à préparer la vente (estimation, choix d'un conseiller immobilier, premières visites) avant la fin complète du règlement de la succession, mais la signature de l'acte de vente ne peut intervenir qu'une fois l'acte de notoriété et l'attestation immobilière établis.
La vente d'une maison héritée est-elle soumise à l'impôt sur la plus-value ?
Cela dépend de la situation. Si le bien constituait la résidence principale du conjoint survivant au moment de la vente, une exonération s'applique. Dans les autres cas, une plus-value peut être taxable, mais elle est en général calculée à partir de la valeur du bien retenue lors de la succession, ce qui limite souvent son montant si la vente a lieu peu de temps après le décès.
Quelle différence entre le droit viager au logement et le droit temporaire d'occupation ?
Le droit temporaire d'occupation s'applique automatiquement pendant la première année suivant le décès, sans démarche ni possibilité pour le défunt de l'écarter par testament. Le droit viager au logement, en revanche, s'étend au-delà de cette première année, potentiellement jusqu'au décès du conjoint survivant, mais il doit être demandé expressément et peut avoir été supprimé par testament du défunt de son vivant.
Auteur :

Frédéric Rémy - Directeur de la Performance commerciale
Professionnel du secteur de l'immobilier depuis plusieurs années au sein du réseau Capifrance, je souhaite partager avec vous des conseils essentiels pour vous aider à réussir votre projet immobilier avec nos conseillers.