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L'imposition de plus-value immobilière sur la vente d'une maison héritée

18/10/2026

Vendre une maison héritée soulève une question fiscale incontournable : comment fonctionne l'imposition plus value immobilière dans ce contexte particulier ? Contrairement à une vente classique, le calcul repose sur la valeur déclarée lors de la succession et non sur un prix d'achat initial. La durée de détention, cumulée à celle du défunt, joue un rôle déterminant dans le montant final de l'impôt. Cet article détaille, avec la fiscalité en vigueur en 2026, les règles de calcul, les abattements applicables et les cas d'exonération à connaître avant de signer un compromis de vente.

En résumé

  • La valeur d'acquisition retenue pour un bien hérité est celle déclarée dans la déclaration de succession, et non un prix payé.
  • Des abattements pour durée de détention s'appliquent : exonération totale d'impôt sur le revenu à 22 ans, et des prélèvements sociaux à 30 ans.
  • La durée de détention du défunt se cumule à celle de l'héritier, ce qui peut accélérer, voire garantir, l'exonération.
  • Si le bien devient la résidence principale de l'héritier ou reste celle du défunt jusqu'à la vente, une exonération totale peut s'appliquer.

Comprendre le mécanisme de la plus-value sur un bien hérité

Lorsqu'un héritier vend une maison reçue par succession, l'administration fiscale calcule une plus-value immobilière selon une logique spécifique. Il ne s'agit pas de comparer le prix de vente à un prix d'achat historique, mais à la valeur retenue lors du règlement de la succession.

Le principe général de la plus-value immobilière

La plus-value correspond à la différence entre le prix de cession du bien et sa valeur d'acquisition, après application d'éventuels frais et abattements. Cette plus-value est soumise à l'impôt sur le revenu au taux de 19 % et aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %, soit une imposition globale de 36,2 % avant abattements pour durée de détention.

Une fiscalité spécifique aux biens issus d'une succession

Pour un bien hérité, la valeur d'acquisition n'est pas un prix payé par l'héritier mais la valeur vénale du bien déclarée dans l'acte de succession, sur laquelle ont été calculés les droits de succession. C'est cette valeur qui sert de référence pour déterminer la plus-value imposable au moment de la revente.

La valeur d'acquisition retenue en cas d'héritage

Ce point est déterminant : plus la valeur déclarée dans la succession est proche de la valeur réelle du marché, plus la plus-value taxable sera réduite lors de la revente ultérieure.

Valeur déclarée dans la déclaration de succession

La valeur retenue est celle mentionnée dans la déclaration de succession déposée auprès de l'administration fiscale, généralement établie avec l'aide d'un notaire. Elle doit refléter la valeur vénale réelle du bien au jour du décès. Une sous-évaluation initiale, parfois pratiquée pour réduire les droits de succession, peut donc se retourner contre les héritiers lors de la revente en générant une plus-value plus importante.

Que faire en cas de rectification de la valeur ?

Si l'administration fiscale a rectifié la valeur déclarée dans les six mois suivant le dépôt de la déclaration, c'est cette valeur rectifiée qui doit être prise en compte comme valeur d'acquisition. Il est donc essentiel de conserver tous les documents relatifs à la succession, y compris d'éventuelles évaluations d'experts ou de notaires, pour justifier la valeur retenue en cas de contrôle.

Les abattements pour durée de détention en 2026

Le montant de l'impôt dû dépend fortement de la durée pendant laquelle le bien a été détenu, un mécanisme d'abattement progressif venant réduire, puis annuler, la base imposable.

Abattement applicable à l'impôt sur le revenu

Pour l'impôt sur le revenu, aucun abattement n'est appliqué durant les cinq premières années de détention. À partir de la sixième année, un abattement de 6 % par an s'applique jusqu'à la vingt-et-unième année, puis un abattement de 4 % la vingt-deuxième année. Il en résulte une exonération totale à 22 ans de détention pour la part relative à l'impôt sur le revenu.

Abattement applicable aux prélèvements sociaux

Pour les prélèvements sociaux, le rythme est différent : 1,65 % d'abattement par an de la sixième à la vingt-et-unième année, 1,60 % la vingt-deuxième année, puis 9 % par an de la vingt-troisième à la trentième année. L'exonération totale des prélèvements sociaux n'intervient donc qu'à 30 ans de détention. C'est ce décalage entre 22 et 30 ans qui explique pourquoi un bien peut être exonéré d'impôt sur le revenu tout en restant partiellement soumis aux prélèvements sociaux.

Le cumul de la durée de détention du défunt

Un avantage souvent méconnu profite directement aux héritiers pressés de revendre un bien issu d'une succession familiale.

Un point de départ favorable pour les héritiers

La durée de détention prise en compte pour le calcul des abattements ne débute pas au jour du décès, mais reprend la date d'acquisition initiale du bien par le défunt. Ainsi, si le défunt possédait la maison depuis 25 ans, l'héritier bénéficie déjà d'une exonération partielle, voire totale selon l'antériorité, dès la transmission du bien.

Conséquence pratique pour une revente rapide

Cette règle du cumul explique pourquoi de nombreuses maisons de famille anciennes se revendent sans imposition, ou avec une fiscalité très allégée, même si la vente intervient peu de temps après le décès. Il est donc essentiel de retracer précisément la date d'acquisition originelle du bien pour optimiser le calcul de la plus-value.

Les cas d'exonération pour résidence principale

Au-delà de la durée de détention, certaines situations permettent une exonération totale de la plus-value, indépendamment du nombre d'années écoulées.

La résidence principale du défunt au jour du décès

Si le bien constituait la résidence principale du défunt au moment de son décès, une exonération peut s'appliquer sous certaines conditions, notamment lorsque le logement était occupé gratuitement par le conjoint survivant ou un autre occupant jusqu'à la mise en vente, dans un délai raisonnable après le décès.

La résidence principale de l'héritier après la succession

Si l'héritier décide d'occuper le bien hérité comme sa propre résidence principale avant de le revendre, il bénéficie alors de l'exonération totale de plus-value applicable à toute résidence principale, quelle que soit la durée de détention. Cette stratégie peut être pertinente lorsque le bien correspond aux besoins de logement de l'héritier.

Les frais déductibles pour réduire la plus-value imposable

Plusieurs dépenses peuvent venir diminuer la base imposable, ce qui allège d'autant la facture fiscale finale.

Les frais liés à la succession elle-même

Les droits de mutation acquittés lors de la succession, ainsi que certains frais notariés, peuvent être ajoutés à la valeur d'acquisition retenue, ce qui réduit mécaniquement la plus-value imposable. Un forfait de 7,5 % de la valeur d'acquisition peut également être appliqué sans justificatif si le bien a été détenu au moins cinq ans.

Les travaux réalisés sur le bien

Les travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration réalisés par le vendeur, dès lors qu'ils sont justifiés par des factures d'entreprises, peuvent être déduits pour leur montant réel, ou par un forfait de 15 % de la valeur d'acquisition si le bien est détenu depuis plus de cinq ans, sans obligation de justificatifs dans ce dernier cas.

Conclusion

L'imposition de la plus-value sur une maison héritée obéit à des règles précises mais souvent avantageuses pour les héritiers, notamment grâce au cumul de la durée de détention du défunt. Entre valeur déclarée en succession, abattements progressifs jusqu'à 22 et 30 ans, exonérations liées à la résidence principale et frais déductibles, chaque situation mérite une analyse personnalisée. Avant toute mise en vente, il est vivement conseillé de réaliser une estimation immobilière précise du bien et de se rapprocher d'un professionnel pour sécuriser le calcul de la plus-value et optimiser la transaction.

Le mot de l'expert

« La vente d'une maison héritée est souvent un moment chargé émotionnellement, et la question fiscale vient parfois s'ajouter à cette complexité familiale. Ce que je constate au quotidien auprès des héritiers, c'est une méconnaissance quasi systématique de deux règles pourtant décisives : le cumul de la durée de détention du défunt, qui peut faire basculer une vente d'une imposition lourde à une exonération totale, et l'importance capitale de la valeur déclarée dans la succession. Trop d'héritiers découvrent, au moment de vendre, qu'une évaluation approximative faite des années plus tôt lors du règlement successoral génère aujourd'hui une plus-value artificiellement élevée. Mon conseil est toujours le même : avant même d'envisager la mise en vente, il faut reconstituer l'historique complet du bien, retrouver la date d'acquisition initiale par le défunt, rassembler les justificatifs de travaux éventuels et vérifier la valeur retenue lors de la succession. Ce travail préparatoire, réalisé en amont avec un conseiller immobilier et, si nécessaire, un notaire ou un expert-comptable, permet souvent de réduire significativement la fiscalité applicable, voire de l'annuler totalement lorsque les conditions de détention ou de résidence principale sont réunies. C'est un accompagnement que nous proposons systématiquement à nos clients pour qu'ils abordent la vente en toute sérénité. »

— Frédéric Rémy, Directeur de la Performance commerciale chez Capifrance

FAQ - Questions fréquentes

Comment est calculée la plus-value sur une maison héritée ?

Elle correspond à la différence entre le prix de vente et la valeur du bien déclarée dans la succession, diminuée des abattements pour durée de détention et des frais déductibles éligibles.

La durée de détention du défunt compte-t-elle pour l'héritier ?

Oui, la date d'acquisition initiale du bien par le défunt est reprise pour calculer la durée de détention, ce qui peut permettre à l'héritier de bénéficier immédiatement d'abattements importants, voire d'une exonération totale.

À partir de quand la plus-value est-elle totalement exonérée ?

L'exonération est totale au titre de l'impôt sur le revenu après 22 ans de détention, et au titre des prélèvements sociaux après 30 ans de détention.

Peut-on échapper à l'imposition si l'héritier habite le bien hérité ?

Oui, si le bien devient la résidence principale de l'héritier avant sa revente, la plus-value est totalement exonérée, indépendamment de la durée de détention.

Quels frais peuvent réduire la plus-value imposable ?

Les droits de mutation liés à la succession, certains frais notariés ainsi que les travaux justifiés ou évalués au forfait peuvent venir augmenter la valeur d'acquisition et donc réduire la plus-value taxable.

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Auteur :


Frédéric Rémy - Directeur de la Performance commerciale​

Professionnel du secteur de l'immobilier depuis plusieurs années au sein du réseau Capifrance, je souhaite partager avec vous des conseils essentiels pour vous aider à réussir votre projet immobilier avec nos conseillers.

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